« Grâce à une politique d’investissement disciplinée ainsi qu’à une croissance anticipée du cash-flow, le Conseil d’administration a réaffirmé la priorité donnée à la garantie et à la croissance du dividende au travers des cycles. »
Chers actionnaires,
Lors de la dernière journée Investisseurs, qui a eu lieu à New York le 29 septembre, j’ai eu l’occasion de vous présenter la stratégie et les perspectives de TotalEnergies et comment votre Compagnie poursuit, de manière résolue, la mise en œuvre de sa stratégie de transition équilibrée et rentable ancrée sur deux piliers : les hydrocarbures, notamment le GNL, et l’électricité. Ainsi, TotalEnergies prévoit d’augmenter sa production globale d’énergies (pétrole, gaz et électricité) d’environ 4 % par an jusqu’en 2030 tout en réduisant les émissions de ses opérations (-50 % sur le Scope 1+2 Oil & Gas* en 2030 par rapport à 2015 et -80 % sur ses émissions de méthane en 2030 par rapport à 2020).
Sur le premier pilier Oil & Gas, la croissance moyenne sera de l’ordre de 3 % par an entre 2024 et 2030 grâce à la mise en production de notre riche portefeuille de projets, et dont 95 % de la production attendue en 2030 est déjà en opération ou en cours de développement. Cette croissance sera même supérieure à 3 % en 2025 et 2026, avec le démarrage de plusieurs projets pétroliers à forte marge - dans l’offshore U.S., au Brésil, en Irak - et gaziers majeurs tels que Jerun en Malaisie. Le secteur Integrated LNG devrait quant à lui enregistrer une hausse des ventes de 50 % d’ici à 2030 tirée de projets GNL parmi les plus compétitifs au monde, comme Rio Grande LNG aux États-Unis, North Field East/South au Qatar ainsi que Mozambique LNG. Par ailleurs, pour compléter le modèle intégré du business Integrated Power, la Compagnie compte poursuivre le développement de l’intégration gaz-électricité, notamment en Europe et aux États-Unis.
Sur le second pilier, Integrated Power, TotalEnergies prévoit une augmentation de la production d’électricité d’environ 20 %/an d’ici 2030, pour générer entre 100 et 120 térawattheures par an, dont 70 % issue de sources renouvelables et 30 % de capacités flexibles sur gaz (CCGT). Les investissements dans ces domaines vont se concentrer sur les principaux marchés dérégulés - États-Unis, Europe et Brésil - dans lesquels TotalEnergies déploie son modèle intégré.
TotalEnergies vient d’ailleurs de signer le 17 novembre dernier un accord majeur avec EPH pour 5,1 milliards d’euros (transaction en actions) en faisant l’acquisition de 50 % de son portefeuille d’actifs flexibles de production d’électricité en Europe (plus de 14 GW de capacité brute de génération flexible en opération ou en construction, représentant une production nette annuelle de 15 TWh croissant à 20 TWh en 2030, et un portefeuille de 5 GW de projets en développement). Cette opération majeure s’inscrit pleinement dans la stratégie de la Compagnie visant à renforcer sa position sur les marchés européens de l’électricité, en développant la complémentarité de la génération intermittente d’électricité renouvelable et de la génération d’électricité flexible (centrales à gaz, batteries). Elle permettra à la Compagnie de développer son activité de trading d’électricité en Europe et d’élargir son offre d’électricité bas carbone et disponible 24h/24 (Clean Firm Power). Elle sera ainsi très bien positionnée pour répondre à la demande croissante des data centers en Europe.
Cette accélération de la croissance non organique du secteur Integrated Power conduit la Compagnie à abaisser de 1 G$ sa guidance annuelle de Capex nets, à 14-16 G$ par an sur la période 2026-2030, dont 2-3 G$ par an pour Integrated Power, tout en maintenant son objectif global de croissance de génération électrique à l’horizon 2030 entre 100 et 120 TWh.
Grâce à cette politique d’investissement disciplinée ainsi qu’à une croissance anticipée du cash-flow de la Compagnie, le Conseil d’administration a réaffirmé la priorité donnée à la garantie et à la croissance du dividende au travers des cycles. Le Conseil d’administration du 24 septembre a aussi décidé que le niveau des rachats d’actions au cours du quatrième trimestre sera de 1,5 G$ pour un montant de 7,5 G$ sur l’année 2025 et que la guidance des rachats d’actions pour 2026 se situerait entre 0,75 G$ et 1,5 G$ par trimestre pour un prix du brut entre 60 et 70 $/b et un taux de change autour de 1,20 $/€. Ainsi, le retour à l’actionnaire devrait être de l’ordre de 50 % à 70 $/b en 2026.
Je vous remercie de votre confiance et de votre fidélité et je vous souhaite une bonne lecture de ce numéro du JDA.
Patrick Pouyanné