Le journal des actionnaires #79 été 2026

Analyse & Perspectives

Analyse & Perspectives

« La Compagnie affiche au premier trimestre un résultat net ajusté de 5,4 milliards de dollars et un cash-flow de 8,6 milliards de dollars démontrant sa capacité à capturer la hausse des prix grâce à un portefeuille intégré de business performants et diversifiés dans le pétrole, le gaz et l’électricité. » 

Jean-Pierre SbraireDirecteur Financier

Dans le contexte de conflit au Moyen-Orient, qu’observez-vous sur les marchés ?

Jean-Pierre Sbraire / Les prix du pétrole se maintiennent autour de 100 $/b et restent extrêmement volatils. Ils devraient rester à des niveaux élevés dans les prochains mois, les marchés prenant en compte le délai qui sera nécessaire à la sortie de la crise pour remettre en service des installations de production au Moyen-Orient. En outre, l’impact de ce conflit sur les stocks d’hydrocarbures dans le monde conduit à ne plus considérer le scénario de surplus sur l’année 2026 qui était anticipé en début d’année.

Les prix du gaz européens du deuxième trimestre sur les marchés forward sont également élevés autour de 14-15 $/Mbtu, dans un contexte de reconstitution des stocks en Europe, dont les niveaux au sortir de l’hiver (25 %) sont au plus bas des cinq dernières années. La compétition entre la demande de GNL en Europe pour reconstituer les stocks et celle pour la saison chaude en Asie devrait soutenir les cours dans les prochains mois.

Quel impact pour TotalEnergies ?

J-P. S. / Notre Compagnie a démontré au premier trimestre sa capacité à capturer la hausse des prix grâce à un portefeuille intégré de business performants et diversifiés dans le pétrole, le gaz et l’électricité : portée par une croissance organique de sa production de 4 % sur un an, compensant l’impact sur la production du conflit au Moyen-Orient, TotalEnergies a ainsi affiché un résultat net ajusté de 5,4 milliards de dollars et un cash-flow de 8,6 milliards de dollars.

À la fin du mois d’avril la production arrêtée au Qatar, en Irak et offshore aux Émirats Arabes Unis a représenté environ 15 % de la production totale de la Compagnie. Hors impact de ce conflit, la production du deuxième trimestre est attendue en ligne avec la croissance observée au premier trimestre, c’est-à-dire une croissance d’environ 4 % sur un an.

Le taux d’utilisation des raffineries devrait être entre 80 et 85 % au deuxième trimestre, compte tenu notamment de l’impact de la réduction de capacité de Satorp en Arabie Saoudite - affectée par des évènements survenus dans la nuit du 7 au 8 avril qui ont causé des dommages à l’un des deux trains de la raffinerie - et du grand arrêt planifié d’une durée de deux mois de la raffinerie de Donges, en France.

Quelles sont les perspectives pour le secteur Integrated Power ?

J-P. S. / TotalEnergies poursuit la croissance de son portefeuille d’énergies renouvelables avec 8 GW mis en service sur les douze derniers mois.

La finalisation, dès la fin avril, de la transaction avec EPH accélère par ailleurs la stratégie d’intégration gaz-électricité de la Compagnie en Europe et constitue une étape majeure pour le secteur Integrated Power dans son objectif de générer un free cash-flow positif d’ici à 2027.